la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Dans le cadre de la campagne électorale provinciale, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a sondé les positions des quatre principaux partis politiques – la Coalition Avenir Québec, le Parti libéral du Québec, le Parti Québécois et Québec solidaire – en lien avec ses dossiers prioritaires. Les réponses soumises par les partis sont regroupées sous chacun des sept thèmes ci-dessous.

Note : La CCMM n’a apporté aucune modification aux réponses fournies par les partis.

La main-d’œuvre

Les membres de la Chambre ont identifié les enjeux de main-d’œuvre comme principal risque pour la croissance de leurs entreprises.

Le Québec et sa métropole vivent une situation de plein emploi et de pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs et régions. En 2017, le nombre de postes vacants a progressé de 46 % et atteignait près de 95 000 postes au 4e trimestre. Ce nombre a grimpé à 103 000 emplois dans le secteur privé au premier trimestre de 2018. Cette situation force des entreprises à reporter des projets d’investissement ou à refuser des contrats. De plus, les experts prévoient à court terme une obsolescence rapide de certaines compétences et la disparition de certains types d’emplois, conséquences d’une évolution technologique accélérée dont les éléments les plus visibles sont la révolution numérique, l’automatisation qui sous-tend le manufacturier 4.0 et l’introduction d’applications faisant appel à l’intelligence artificielle.

Par ailleurs, le bassin de Québécois entrant sur le marché du travail ne suffira pas pour combler les besoins en main-d’œuvre, même en tenant compte d’une requalification des travailleurs et du maintien en emploi des travailleurs plus âgés. À cet égard, l’immigration peut constituer une solution, à condition que les volumes d’immigrants soient conséquents et que l’intégration en emploi des immigrants soit réussie. Depuis 2010, le Québec a accueilli, chaque année, entre 49 000 et 55 000 immigrants. Selon les projections, il en accueillera environ 53 000 en 2018.


La compétitivité fiscale de notre économie

Les membres de la Chambre jugent qu’il est essentiel de maintenir un environnement fiscal concurrentiel pour favoriser la croissance de leurs entreprises. Ils sont critiques du niveau relatif très élevé des taxes sur la masse salariale au Québec et s’inquiètent de la perte de compétitivité de l’environnement fiscal au Québec à la suite de la réforme américaine.


L’investissement dans les infrastructures

Le Plan québécois des infrastructures prévoit que plus de 100,4 milliards de dollars seront investis au cours des 10 prochaines années pour la réfection et la construction de nouvelles infrastructures. À ces sommes s’ajoutent la contribution du gouvernement fédéral et son plan Investir dans le Canada, créé en 2016 et assorti d’investissements de 180 milliards de dollars sur 12 ans. Plusieurs projets majeurs en cours ont bénéficié de ces engagements.

La liste des projets qui restent à confirmer et à financer est longue. Les membres de la Chambre demandent notamment un renforcement du réseau de transport collectif ainsi que du réseau des infrastructures routières de la région métropolitaine. 


L’internationalisation de nos PME

Les débouchés du marché du Québec sont limités, notamment en raison de la taille de sa population. Nos entreprises doivent donc bénéficier des occasions offertes sur les marchés internationaux pour croître. L’Accord économique et commercial global (AECG), déjà en vigueur, et le Partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP), récemment signé et bientôt ratifié, de même que les renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et les négociations en vue d’accords avec la Chine et le Japon, représentent autant d’occasions pour nos entreprises d’explorer de nouveaux marchés.


Le transport de marchandises

La métropole est un véritable pôle de transport et logistique. Avec le port de Montréal – par lequel ont transité 38 millions de tonnes de marchandises en 2017 –, la connectivité par rail avec les réseaux du CN et du CP et le fret aérien des aéroports de Dorval et Mirabel, qui compte la Chine, l’Europe et l’Afrique dans ses destinations de cargo, l’industrie du transport de marchandises de la métropole est un important actif stratégique pour tout le Québec. La position géographique stratégique de Montréal permet de rejoindre un bassin de 40 millions de consommateurs en huit heures de camion et de 110 millions de consommateurs en 36 heures de train. Les signatures récentes de l’AECG et du PTPGP représentent une occasion à saisir pour consolider encore davantage le rôle de plaque tournante de Montréal dans le transport et la logistique.


L’innovation

Le Québec est reconnu comme une société innovante dans plusieurs secteurs, notamment dans ceux de l’intelligence artificielle, des technologies vertes et des sciences de la vie. Montréal est reconnue mondialement comme une ville universitaire, non seulement pour les talents qui y sont formés, mais aussi pour l’excellence de ses chercheurs et de ses centres d’innovation. Pour innover et se numériser, nos entreprises doivent bénéficier de conditions favorables. Celles-ci peuvent passer par des appels d’offres de projets publics qui incitent à l’innovation, l’ouverture à tester des projets-pilotes innovants dans le secteur public, le maintien d’incitatifs ciblés pour la R-D et l’innovation, ou encore une amélioration des processus de commercialisation des innovations issues des milieux universitaires et de la recherche. Les obstacles demeurent toutefois nombreux.


Les affaires municipales

Le Québec connaît aujourd’hui un élan économique soutenu. Montréal et les autres municipalités de la province doivent bénéficier de cette croissance, d’autant plus qu’elles doivent elles aussi contribuer au renforcement des infrastructures. Une solution qui a été évoquée est de céder aux municipalités un point de pourcentage de la TVQ afin de leur permettre d’être moins dépendantes de l’impôt foncier.