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Les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le secteur de la construction : gérer les risques et générer des profits

BDO

Le développement durable constitue l’un des plus grands risques auxquels le secteur de la construction fait face, mais également l’une des plus importantes occasions d’affermir sa position de chef de file sur le marché et d’assurer sa rentabilité à l’avenir. La construction durable désigne les activités de construction réalisées de manière à minimiser les conséquences négatives et à maximiser les retombées bénéfiques à la fois pour l’environnement, l’économie et la société.

Le concept dominant d’une stratégie en matière de développement durable consiste à trouver un équilibre entre les trois « P » suivants : la population, la planète et les profits. Cela est d’autant plus vrai que, selon une étude de Marsh, les activités du secteur de la construction augmenteront de 42 % d’ici 2030. Le secteur de la construction produit environ 39 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du monde, selon le World Green Building Council (WGBC).

Le WGBC indique que les émissions opérationnelles (provenant des énergies utilisées pour chauffer, refroidir et éclairer les bâtiments) représentent 28 % des GES, alors que 11 % proviennent des émissions de carbone intrinsèque qui sont associées aux matériaux et matériels ainsi qu’aux processus de construction utilisés tout au long du cycle de vie du bâtiment. Au-delà des émissions, les conséquences environnementales de la construction et des bâtiments sont indéniables. Le CGBC a conclu que les bâtiments produisent 35 % des déchets envoyés vers des sites d’enfouissement et consomment jusqu’à 70 % de l’eau municipale.

Reconnaître les défis

Le secteur de la construction est à la fois unique et complexe, en ce sens qu’il doit tenir compte de la réglementation de plus en plus contraignante en matière de santé et sécurité et de développement durable, tout en essayant de contrôler les coûts et de conserver des processus efficaces avec divers fournisseurs et sous-traitants. Il se doit également d’établir des pratiques exemplaires en vue de concevoir et de créer des structures toujours plus évolutives, plus grandes, plus vertes, plus saines et plus avancées sur le plan de la technologie. De même, il subit des pressions en vue de réduire ses coûts énergétiques et ses émissions de carbone tout en utilisant des équipements lourds énergivores.

Voici certains des défis auxquels le secteur fait face :

  • Manque de visibilité — Bien que de nombreuses entreprises d’ingénierie et de construction aient élaboré des plans en matière de développement durable et aient pris des engagements à cet égard, le manque de visibilité les empêche de surveiller leurs propres pratiques en matière de développement durable, celles de leurs sous-traitants et celles des chaînes d’approvisionnement. L’approvisionnement durable en matières premières et l’embauche éthique de la main-d’œuvre nécessaire requièrent la déclaration de renseignements transparents et vérifiables relativement à leurs propres processus et à ceux de leurs fournisseurs.
  • Manque de capacité à évaluer et à déclarer les progrès réalisés — Le coût du développement durable est plus facile à évaluer que les avantages qui en découlent. Les entreprises n’ont souvent pas les contrôles et les cadres internes nécessaires pour pouvoir évaluer correctement les avantages de la gestion de la durabilité écologique, comme l’exposition réduite à la volatilité des prix de l’énergie, la diminution des risques liés à l’eau, et l’atténuation d’autres conséquences environnementales découlant des activités et des dépendances à la chaîne d’approvisionnement.
  • Attentes législatives et réglementaires à respecter dans un court délai — Dans sa Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, le gouvernement du Canada a fixé des attentes législatives. La loi est entrée en vigueur en 2021 et fait partie du plan du gouvernement ayant pour objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Les organismes de surveillance chargés des exigences réglementaires des états-Unis et du Canada ont imposé ou sont en voie d’imposer des exigences en matière de présentation de l’information relative au développement durable et aux changements climatiques à compter de 2024. Avec l’accentuation des pressions législatives, plus les entreprises tardent à commencer à mettre en œuvre des stratégies de réduction du carbone et à les évaluer, plus les activités de compensation carbone seront dispendieuses.

Gérer les risques

Le secteur de la construction reconnaît le besoin de régler ces problèmes urgents et souvent concurrents, en particulier ceux au sein de leurs chaînes d’approvisionnement. Le secteur est bien positionné pour relever ces défis en poursuivant des objectifs liés au développement durable et en évaluant les progrès réalisés grâce à la présentation de l’information en matière de facteurs ESG.

En fait, le secteur de la construction a longtemps été un chef de file en matière de développement durable et d’environnement avec ses systèmes comme le Leadership in Energy and Environment Design (LEED), l’un des programmes de certification des bâtiments les plus pertinents au monde. Le programme LEED a énormément évolué : plus de 96 000 certifications ont été émises dans 167 pays. Selon Statista, en 2006, seules 296 certifications avaient été émises aux États-Unis. Cela démontre que les entreprises peuvent répondre aux attentes changeantes des consommateurs, des employés et des investisseurs.

Voici certaines activités importantes favorisant le développement durable :

  • Adopter des stratégies de construction durable en planifiant et en incorporant le développement durable tout au long du cycle de vie des projets de construction;
  • Mettre en place des mécanismes de contrôle pour veiller à ce que les matériaux et matériels soient achetés dans des conditions éthiques et s’assurer que tous les sous-traitants et fournisseurs ont en place des normes de travail et des pratiques humanitaires équitables;
  • Adopter des pratiques de conception, d’ingénierie et de construction durables alimentées par des données transparentes et pertinentes pour mesurer, surveiller et réduire les émissions et les déchets produits tout au long du cycle de vie des projets;
  • Planifier et déployer une stratégie d’optimisation des processus logistiques qui améliorent les livraisons en vue de réduire le kilométrage, les émissions et l’empreinte carbone;
  • Prioriser l’efficacité énergétique des actifs et de l’équipement qui sont sans danger pour l’environnement et la main-d’œuvre.

Les consommateurs, les organismes de réglementation et les investisseurs exerçant de plus en plus de pression sur les entreprises en raison de leurs conséquences environnementales et sociales, les facteurs ESG sont devenus un impératif commercial. Les équipes de direction proposent des mesures incitatives pour mettre en œuvre des processus et des initiatives qui font preuve de transparence au titre des indicateurs de rendement des facteurs ESG qu’elles utilisent et au titre des mesures qu’elles prennent afin d’assurer la réussite à long terme de leur entreprise.

Aujourd’hui, les entreprises et leur conseil d’administration doivent tenir compte de leurs intervenants, et non plus seulement de leurs actionnaires. Pour le secteur de la construction, les occasions d’augmenter leur part de marché en tant qu’entreprises durables et socialement responsables sont considérables. Les entreprises qui réussissent à se démarquer sur ce plan seront bien positionnées pour tirer parti des demandes à venir.


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Auteur :
Pierre Taillefer
Associé et chef national, Services de consultation en développement durable
BDO Canada

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