la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Assurance collective PME : le meilleur prix à tout prix?

Trouver le régime d’assurance collective le plus avantageux pour son entreprise n’est pas chose facile. La série d’articles intitulée Les pièges à éviter en assurance collective pour les PME est destinée à vous aider à maîtriser le dossier.

Piège à éviter : Faire soumissionner à répétition ou « aller au marché ».

L’industrie de l’assurance collective est très concurrentielle. Les assureurs ont recours à différentes méthodes pour attirer les nouveaux clients, dont celle d’offrir des primes basses la première année.

Certaines entreprises se prêtent donc au jeu « d’aller au marché » tous les deux ou trois ans. C’est-à-dire que leur courtier fait soumissionner des assureurs pour tenter de faire baisser le coût de leur prime.

Nous nous sommes entretenus avec différents acteurs sur cette question pour y voir plus clair.

Entretiens avec :
Audrey Girard-Lachapelle, conseillère en régimes d’assurance collective
Sylvie Hamel, directrice des finances à CPA Montréal
Martial Laniel, directeur régional du Régime d’assurance collective des chambres de commerce

Y a-t-il a des effets secondaires à la stratégie d’aller au marché fréquemment?

ML : Si une entreprise va au marché, c’est pour trouver moins cher. Et très souvent, elle le fait parce qu’elle a vu sa prime augmenter lors de son renouvellement. Lorsque le montant des réclamations de l’entreprise est supérieur à celui de la prime, il y aura une augmentation l’année suivante.

C’est habituellement à la suite d’une année déficitaire que l’entreprise décide d’aller au marché pour contrer l’augmentation, et c’est là son erreur principale. La mise au marché va certainement générer une baisse des primes, car un assureur va « prendre une chance » et proposer une baisse des primes à l’entreprise pour l’attirer. Or, le scénario va se reproduire au bout de la première année de contrat. Plutôt que de devoir assumer la perte laissée à l’assureur précédent, l’entreprise devra subir une forte hausse des taux pour couvrir les deux années déficitaires, car son historique de réclamations la suit. Au bout du compte, elle aura simplement reporté son problème puisqu’elle devra rembourser cette perte un jour ou l’autre.

AGL : En fait, on ne devrait pas rechercher le meilleur prix possible à tout prix. L’important n’est pas de savoir si la prime est la moins chère sur le coup, mais plutôt de connaître la méthodologie de renouvellement utilisée par l’assureur afin de comparer des projections de renouvellement et non seulement des taux. C’est-à-dire qu’il faut se renseigner sur les frais de l’assureur et les facteurs financiers pris en compte pour calculer la prime l’année suivante. Cela peut varier grandement d’un assureur à un autre.

Les conseillers devraient toujours expliquer cet élément essentiel pour que leurs clients puissent faire un choix éclairé d’assureur. Votre conseiller doit projeter le manque à gagner au prochain renouvellement dans les soumissions proposées en se basant sur le rapport des réclamations passées et prendre en considération tous les frais associés qui peuvent faire augmenter la facture. Le choix de l’assureur devrait donc reposer sur la projection au renouvellement et non seulement sur le coût de la prime initiale.

ML : Il arrive également que certains assureurs s’abstiennent de soumissionner tout simplement parce qu’ils ne sont pas en mesure d’améliorer l’entente actuelle. Cela constituerait donc un dossier déficitaire pour eux. Ils peuvent même refuser de soumissionner s’ils considèrent que l’entreprise demande trop d’études de marché.

MP : Les organisations qui offrent une assurance collective sont souvent perçues positivement par les futurs employés. L’employé a le sentiment qu’on prend soin de lui, qu'on est là pour lui et, ultimement, pour sa famille. Les travailleurs recherchent de plus en plus ce genre d’organisation.

Comment éviter que les primes fluctuent constamment?

AGL : L’effet du nombre a un effet positif certain. Donc, plutôt que d’être seule avec son propre régime, une PME aurait avantage à se joindre à un regroupement, par exemple le Régime d’assurance collective des chambres de commerce, qui compte 33 000 entreprises assurées partout au Canada. Ce régime est géré selon un mode de fonctionnement sans but lucratif avec une méthodologie de renouvellement unique et des frais très bas en raison du nombre d’assurés regroupés. Ce type de programme procure une grande stabilité et de l’épargne à court et à long terme.

Cela permet aux petites et moyennes entreprises d’éviter les fluctuations importantes d’une année à l’autre et donc de mieux gérer leurs coûts en assurance collective.

SL : Avant de nous joindre au Régime des chambres de commerce, nous avions connu des augmentations excessives avec d’autres assureurs. Nous avons donc été surpris de bénéficier d'une baisse de prime une année. Le principal avantage que représente le Régime, c’est la stabilité qu’il nous procure.

Quelle autre conséquence peut découler d’un changement trop fréquent d’assureur?

ML : « Aller au marché » trop souvent peut également occasionner une dépense de temps non négligeable. Gestion du dossier, transmission de documents, modification des guides pour les employés et formation pour l’utilisation d’un nouveau système d’envoi des réclamations : toutes des tâches qui requièrent du temps en main-d’œuvre.

AGL : Il vaut mieux opter pour une vision à moyen et à long terme que pour une épargne éclair de courte durée. L’argent économisé sur le coup lors d’une prise de décision basée sur la tarification la plus basse et non sur les facteurs financiers et la méthodologie de renouvellement entraîne un déficit financier au renouvellement suivant, qui se traduit par une augmentation importante des primes.

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