The Chamber of Commerce of Metropolitan Montreal

La leçon de Téo Taxi : la réglementation ne doit pas freiner l’innovation (in French only)

Texte d’opinion cosigné par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre et Sarah Houde, présidente-directrice générale de Propulsion Québec, et publié dans La Presse+.

La leçon de Téo Taxi : la réglementation ne doit pas freiner l’innovation

Les entrepreneurs vous le diront : tout déploiement de projet d’affaires comporte son lot de risques et d’embûches.

En lançant ses activités en 2015, Téo Taxi a fait le pari ambitieux de miser sur l’électrification, dans un secteur d’activité complexe appelé à se moderniser. La fin de cette aventure offre une importante occasion d’apprentissage et met en lumière un obstacle de taille pour les entreprises, grandes et petites, qui innovent : la rigidité réglementaire.

Nos gouvernements déploient, à raison, des efforts pour stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation au Québec. Ils s’activent aussi à attirer ici des entreprises de calibre international, notamment dans des domaines d’avenir comme l’intelligence artificielle et la mobilité électrique et intelligente.

Or, pour soutenir la création, le déploiement et la mise en marché d’innovations technologiques, il est essentiel que nos élus arriment le cadre réglementaire à leur volonté politique.

Les idées innovantes doivent être soutenues par une réglementation moderne et non pas être noyées sous une rigidité et une lenteur démobilisantes.

Depuis sa création, Téo Taxi s’est vu imposer d’opérer dans le cadre d’un projet-pilote. Son modèle d’affaires ne répondait en effet pas au cadre réglementaire qui régit l’industrie du taxi, notamment la nécessité qu’un permis de taxi soit obligatoirement lié à une voiture, alors que l’autonomie des véhicules électriques de Téo nécessitait de pouvoir assigner différentes voitures à différents permis de taxi.

Téo s’est aussi vu refuser un avantage important, dont bénéficiaient pourtant certains de ses concurrents, soit la capacité de moduler le prix en fonction de la demande ou du type de véhicule. Bien que le nouveau gouvernement ait manifesté l’intention de déposer, en 2019, un projet de loi pour uniformiser la réglementation dans l’industrie du taxi, l’incapacité à faire évoluer la réglementation au rythme des avancées technologiques a freiné la croissance de cette entreprise prometteuse et miné sa compétitivité.

Ce qui frappe avec Téo, c’est le fait que, d’une main, des institutions publiques aient investi dans cette entreprise et que, de l’autre, le gouvernement n’ait pas réussi à ajuster la réglementation pour lui permettre d’exploiter pleinement les possibilités de son modèle d’affaires innovant.

Les investissements dont a bénéficié Téo Taxi, que cela soit par Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité FTQ ou le Fondaction, auraient justifié que l’appareil gouvernemental soit proactif et ajuste rapidement la réglementation pour faciliter le déploiement de ce projet d’affaire à l’avant-garde.

Soutenir notre écosystème d’entrepreneurs innovants

Les conséquences de la fin de l’aventure de Téo Taxi dépassent les frontières de la région métropolitaine. Elles concernent l’ensemble de notre écosystème entrepreneurial, nos grands fleurons comme nos petites start-up prometteuses. La grande leçon, c’est qu’il ne suffit pas de fournir des programmes de soutien aux entreprises : il faut également leur offrir un cadre réglementaire adapté afin qu’elles puissent progresser et réussir dans des domaines de pointe.

Il faut absolument éviter que nos start-up soient pénalisées, alors que la compétition mondiale est féroce.

Sinon, d’autres villes, provinces ou pays se montreront parfaitement disposés à les accueillir et leur offrir un environnement favorable pour créer, tester ou implanter une technologie nouvelle.

On ne peut plus en douter : la voiture autonome est à nos portes. Par ailleurs, le Québec impose déjà son leadership en intelligence artificielle à l’échelle mondiale. Cette fébrilité peut avoir pour effet d’encourager plusieurs acteurs à choisir le Québec pour poursuivre leur développement.

Il nous appartient de construire cette conjoncture favorable et de permettre que les technologies développées ici soient testées ici, puis mises en marché à partir d’ici. La disparition de Téo Taxi ne doit pas remettre en question la pertinence et, surtout, l’urgence de saisir les occasions qui se présentent à nous en matière de transports électriques et intelligents.

Aux décideurs maintenant d’arrimer le cadre réglementaire actuel à leur volonté de voir émerger au Québec un leadership fort en transport électrique et intelligent ainsi qu’un écosystème qui fait et continuera de faire notre fierté à travers le monde.

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