Chaque année, la Journée internationale des droits des femmes nous rappelle que l’égalité ne se proclame pas : elle se bâtit par des actions concrètes. La capacité de s’exprimer, de voir ses compétences reconnues et d’exercer un leadership repose sur des leviers essentiels, dont la langue, trop souvent sous‑estimée, mais déterminante pour l’autonomie, la confiance et le pouvoir d’agir au sein de son lieu de travail.
Pour Jingya Mai, cofondatrice d’Elle Montréal Clinique Esthétique, la francisation occupe une place centrale dans son parcours entrepreneurial. En tant que femme entrepreneure immigrante et gestionnaire engagée, elle en fait un pilier de son engagement et de sa vision des affaires. À travers son expérience, Jingya démontre comment la langue française peut devenir un levier concret d’autonomie, d’inclusion et de croissance durable tant pour les femmes que pour les entreprises qui choisissent de s’ancrer pleinement dans l’écosystème montréalais.
S’engager, c’est créer les conditions pour prendre la parole
Pour Jingya, l’engagement est une responsabilité qui dépasse largement la performance financière. « S’engager, en tant que femme entrepreneure immigrante, c’est assumer une responsabilité qui va au‑delà de la réussite personnelle », explique‑t‑elle.
À ses yeux, entreprendre signifie avant tout créer des conditions équitables, où les femmes peuvent développer leur autonomie financière, leur confiance et leur leadership. Dans un contexte d’immigration et de diversité linguistique, elle a rapidement compris que cette capacité à prendre sa place passe inévitablement par la maîtrise de la langue commune du milieu de travail. Son parcours d’intégration au Québec lui a ainsi montré que la réussite en affaires ne repose pas uniquement sur un bon modèle économique, mais aussi sur la capacité de comprendre, d’échanger et de se faire comprendre en français, tant à l’interne qu’avec la clientèle et les partenaires.
ELLE : un nom porteur de sens et de valeurs
Le choix du nom ELLE n’est pas le fruit du hasard. Jingya explique que ce mot incarne à la fois la force, la résilience et l’élégance féminine. « ELLE représente chaque femme qui cherche à se sentir confiante, indépendante et affirmée dans son identité », souligne‑t‑elle.
Ce positionnement se reflète dans la mission de l’entreprise : placer la femme au centre, non seulement comme cliente, mais aussi comme collaboratrice et leader. Dans un secteur où la relation humaine, la confiance et la communication sont essentielles, cette approche devient un avantage distinctif, autant sur le plan humain que sur le plan des affaires.
Une clinique inclusive… jusque dans sa culture linguistique
Les valeurs portées par Jingya se reflètent dans la vision inclusive de sa clinique. Elle se distingue par une approche attentive à la diversité des types et des tons de peau, visant à reconnaître les réalités multiples et à créer un espace où chaque personne peut se sentir accueillie et comprise.
Dans ce contexte, la francisation devient un prolongement naturel de cette philosophie. Elle permet de bâtir une culture d’entreprise commune, où la diversité des parcours s’exprime dans une langue partagée, favorisant la cohésion, la collaboration et la qualité des échanges.
« La francisation est au cœur de notre engagement. Elle représente notre volonté claire de nous intégrer pleinement au tissu économique et social québécois. »
En intégrant le français dans la culture d’entreprise, les communications et la formation des équipes, la clinique favorise un environnement inclusif, où tout le monde peut évoluer sur une base commune.
Des retombées concrètes pour les équipes et l’entreprise
Les effets de cette démarche sont tangibles. Jingya observe une évolution marquée chez les employées ayant participé à des démarches de francisation : certaines, auparavant hésitantes à s’exprimer en français, accueillent désormais une clientèle francophone avec assurance. Cette progression renforce leur employabilité, leur autonomie et leur intégration sociale, tout en améliorant la qualité du service offert.
Ces avancées sont également visibles à l’échelle de l’entreprise. Jingya souligne que la progression linguistique de son équipe a contribué à consolider la crédibilité institutionnelle d’Elle Clinique, à élargir sa clientèle et à favoriser des partenariats locaux durables.
« Nous souhaitons nous définir comme un acteur économique montréalais à part entière », précise‑t‑elle, en mettant de l’avant l’idée que la francisation permet de mieux s’inscrire dans l’écosystème d’affaires du Québec. Le français devient alors un véritable levier de croissance, autant pour la relation client que pour le positionnement de l’entreprise.
Un message aux autres entrepreneures
À celles qui hésitent encore à s’engager dans une démarche de francisation, Jingya adresse un message clair et rassurant :
« N’ayez pas peur d’investir dans l’intégration. La francisation est une opportunité d’expansion, de reconnaissance et d’impact. »
Pour elle, s’engager, c’est choisir de grandir avec le Québec, de bâtir une entreprise plus forte, plus inclusive et mieux ancrée dans sa communauté. En ce sens, la francisation devient un geste concret en faveur de l’égalité, de l’autonomisation des femmes et de la vitalité économique.
Son parcours rappelle que la Journée internationale des droits des femmes est une occasion de célébrer, mais aussi d’agir. En misant sur l’inclusion, la langue et l’autonomisation des femmes, les entreprises contribuent à bâtir une économie montréalaise plus forte, plus équitable et résolument tournée vers l’avenir.