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Communiqué : La Chambre de commerce du Montréal métropolitain préoccupée par l'absence de subtilité et de nuances du budget Séguin

Communiqué

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain préoccupée par l'absence de subtilité et de nuances du budget Séguin

Montréal, le 12 juin 2003 - La Chambre de commerce du Montréal métropolitain s'inquiète sérieusement de l'impact qu'aura sur l'économie du Montréal métropolitain le budget présenté aujourd'hui par le ministre des Finances du Québec, monsieur Yves Séguin, et cela, tout particulièrement à une époque où la Ville de Montréal a besoin d'avoir l'unité, la force et l'élan lui permettant de se démarquer sur l'échiquier international.

«Si la Chambre reconnaît le besoin de recentrer les ressources de l'État québécois sur ses missions prioritaires telles que la santé et l'éducation, la Chambre s'inquiète de l'absence de reconnaissance, dans ce budget, du rôle incontournable de la région de Montréal et de ses entreprises – tant PME que grandes entreprises – pour la prospérité et la vitalité économique de l'ensemble du Québec», a déclaré le président de la Chambre, Benoit Labonté.

«La compétitivité du Québec dépend de celle de l'agglomération urbaine de Montréal, d'où provient 50 % du PIB québécois et 70 % de nos exportations. La compétitivité de Montréal est intimement liée à celle de toutes ses entreprises, de la très petite à la très grande. Or, en mettant de l'avant des coupures parfois draconiennes, appliquées sans nuance apparente et sans prévoir de période de transition appropriée, la Chambre craint que, loin d'accroître cette compétitivité, le budget Séguin vienne la mettre en péril. C'est le cas, entre autres, des crédits d'impôt destinés à la culture de même qu'à la recherche et au développement que le gouvernement abaisse de 12,5 % alors qu'il s'agit, indéniablement, d'éléments importants de la compétitivité et du potentiel d'innovation de la région montréalaise.»

«La Chambre est entièrement en accord avec l'idée que les premiers responsables du développement de l'entrepreneurship, de l'innovation et de la productivité au Québec, ce sont les entreprises elles-mêmes. Ainsi, nous pouvons difficilement nous opposer au principe que le gouvernement s'éloigne de l'interventionnisme étatique poussé. Toutefois, le gouvernement doit éviter de corriger certains excès en en commettant d'autres : il y a effectivement un danger à écrire les conclusions d'une revue de programmes avant même que celle-ci soit entamée ! Dans la mesure où ce budget en est un de «stabilisation», pour reprendre les termes du gouvernement, nous nous surprenons de la rapidité et de l'étendue des coupures effectuées par Monsieur Séguin et ce, sans consultations. Nous espérons que le véritable premier budget du nouveau gouvernement, qui sera présenté en mars 2004, saura, cette fois, tenir compte de la valeur et de l'efficacité de chacun des programmes gouvernementaux et des dépenses fiscales remis en question», a ajouté Benoit Labonté.

Dans la soumission prébudgétaire qu'elle présentait, au nom de ses 7 000 membres, au ministre des Finances, la Chambre identifiait deux enjeux incontournables pour la Métropole et l'économie provinciale : la compétitivité des entreprises et le financement des grandes villes.

Sur le premier point, la Chambre déplore un certain manque de cohérence des décisions prises dans ce budget. «D'un côté, en rendant l'exemption de la taxe sur le capital accessible à 70 % des entreprises québécoises, le gouvernement pose, indéniablement, un geste profitable à l'économie du Québec. Par contre, en reportant la réduction prévue du taux de cette même taxe pour les plus grandes entreprises, le gouvernement contribue à rendre le Québec moins attrayant pour les investissements en capital provenant de ces entreprises qui sont, par définition, les plus mobiles et les plus aptes à déplacer leurs opérations. Considérant que les multinationales et autres grandes entreprises sont principalement situées dans la région métropolitaine, c'est une décision qui atteint directement le moteur économique du Québec et qui affecte également les PME qui leur fournissent des biens et des services», a souligné Benoit Labonté.

«D'autre part, sur la question des exportations, même si le ministre reconnaît d'emblée que la progression du dollar canadien freinera le développement des exportations et que cela se traduira par une croissance moins importante de l'économie québécoise, il omet de proposer des mesures concrètes de soutien au développement des exportations qui répondent aux besoins bien réels des entreprises québécoises», a poursuivi Benoit Labonté.

La Chambre croit que la vitalité économique de la région métropolitaine, et par le fait même celle de tout le Québec, passe par l'existence d'une ville de Montréal unie et forte, disposant de tous les outils économiques et fiscaux nécessaires pour assurer son développement et son rayonnement international, d'où l'insistance de la Chambre sur l'importance d'accroître les revenus des grandes villes dans sa soumission prébudgétaire.

«En ouvrant la porte à un abandon des engagements pris à l'intérieur du Contrat de ville entre le gouvernement et la Ville de Montréal et en omettant de s'engager dans un véritable réinvestissement dans les infrastructures urbaines, le gouvernement atteint cette vitalité. Le seul point positif à l'horizon est l'engagement du ministre Séguin de mener, en collaboration avec le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, monsieur Jean-Marc Fournier, une analyse approfondie de la situation financière des municipalités du Québec. Si nous avons peu de doutes que le constat qui émanera de cet exercice sera que les grandes villes du Québec ont un besoin criant de sources de revenus nouvelles, accrues, prévisibles et diversifiées, il sera particulièrement urgent d'y donner suite et de poser des gestes concrets. L'application de la «fiscalité d'agglomération» souhaitée par le gouvernement n'aura véritablement de sens que si elle est accompagnée des sources de revenus appropriées», a insisté Benoit Labonté.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain compte quelque 7 000 membres. Sa mission première est de représenter les intérêts de la communauté des affaires du Grand Montréal. Ses objectifs : être en tout temps pertinente pour ses membres, crédible auprès du public et influente auprès des gouvernements et des décideurs.

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Source :
Isabelle Hudon
Vice-présidente, Stratégies et communications
Chambre de commerce du Montréal métropolitain
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