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Le REM, c’est faire entrer la métropole dans le 21e siècle

Texte d’opinion signé par Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre et publié dans Le Devoir.

Le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de CDPQ Infra a tout pour devenir une source de fierté et d’inspiration pour la population montréalaise et québécoise, comme la construction du métro l’a été dans les années 1960. Ce train urbain, électrique et automatisé, fera entrer la métropole dans le 21e siècle et contribuera à son rayonnement au niveau international.

Un projet mobilisant et structurant comme le REM est chose rare. Il l’est d’autant plus qu’il est proposé par CDPQ Infra, un partenaire rigoureux et expérimenté. Il répond à des besoins criants en matière de transport en commun à Montréal. Une liaison plus rapide et fluide entre le centre-ville et l’aéroport Montréal-Trudeau est réclamée depuis des décennies. Aussi, les citoyens de l’Ouest-de-l’Île pourront enfin se déplacer vers le centre-ville de Montréal avec plus d’efficacité. Finalement, la construction du nouveau pont Champlain offre la possibilité d’inclure ce projet pour améliorer les problèmes de congestion entre Montréal et la Rive-Sud. De plus, sa mise en service mènera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, le REM et les développements immobiliers qu’il favorisera s’inscrivent précisément en phase avec les grands principes du développement durable mis de l’avant par les quartiers TOD (Transit-Oriented Development), qui permettent de réduire la dépendance à l’auto. Sur le plan économique, l’initiative de la Caisse mènera à la création de plus de 7 500 emplois pendant la phase de construction et générera d’autres retombées économiques considérables par la suite.

La décision du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de ne pas donner un avis favorable au projet de CDPQ Infra est préoccupante pour plusieurs raisons. L’élargissement de l’analyse du BAPE à des considérations autres que celles entourant le développement durable crée un précédent inquiétant et jette une ombre sur la légitimité de l’organisation. Plus largement, elle envoie un message des plus négatifs quant à notre capacité, en tant que société, à réaliser des projets majeurs.

Le rôle du BAPE est d’évaluer les enjeux liés au développement durable des projets qui lui sont soumis, ce qui inclut l’appréciation de l’impact économique. Dans ce cas-ci, la Chambre est d’avis que le BAPE a outrepassé son mandat en s’attardant à des questions qui relèvent plutôt du modèle d’affaires de CDPQ Infra et de sa prise de risque. Cette position remet en question la légitimité de cette institution pour éclairer la prise de décision gouvernementale dans l’évaluation de projets majeurs.

Il est vrai qu’aucun projet d’infrastructure de l’envergure du REM n’est à impact zéro. Ce type d’initiative est rarement consensuel. Toutefois, il faut reconnaître que le REM, un projet de transport collectif qui vise à relier un territoire mal desservi au réseau existant et qui est électrique de surcroît, est dans une classe à part.

Le REM doit se concrétiser dans les meilleurs délais. Nous ne devons pas avoir peur des projets d’envergure qui font avancer la métropole. Trop souvent, dans les dernières années, de grands projets sont morts au feuilleton avant même la première pelletée de terre. Profitons du REM pour changer la tendance et paver la voie à la réalisation de projets majeurs dans les temps. La métropole et le Québec ne s’en porteront que mieux.