la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

L’Iran : pourquoi en faire un marché d’exportation?

Iran

La levée des sanctions internationales est à l’origine d’une croissance économique soutenue en Iran depuis 2016. Pays de 80 millions d’habitants, dont 60 % sont âgés de moins de 30 ans[1], l’Iran a le taux de scolarité le plus élevé de sa région. Les Iraniens ont une bonne opinion du Canada, mais, en matière de commerce, nous sommes en retard sur l’Asie et l’Europe, qui exploitent déjà le potentiel de ce pays; selon les prévisions, le commerce de l’Europe avec l’Iran aura quadruplé en 2018[2]. Mais quels sont les secteurs attrayants pour les investisseurs et quels défis attendent les entreprises canadiennes en Iran? C’est ce que nous verrons dans cet article.

Quels sont les principaux secteurs d’intérêt pour les entreprises canadiennes?

  • Agriculture et agroalimentaire : L’agriculture représente environ 20 % du PIB non pétrolier. Dans ce secteur, les occasions découlent d’un besoin de moderniser l’équipement, les méthodes et les technologies agricoles afin d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles, notamment la consommation et la gestion de l’eau. De plus, les besoins en denrées étrangères devraient croître dans les prochaines années, ce qui représente un débouché pour les produits spécialisés comme les suppléments et les additifs alimentaires. L’image positive du secteur agroalimentaire canadien et ses normes rigoureuses de contrôle de la qualité peuvent servir d’arguments de vente quand vous promouvez vos produits en Iran. 
  • Infrastructures et construction : Ce secteur est loin d’être parfait. Il faudra des investissements directs étrangers et de nouvelles technologies pour redynamiser les réseaux de transport et de services publics vieillissants. Les nombreux projets en cours représentent une occasion en or pour les sociétés de génie-conseil et les fournisseurs d’équipement canadiens. Il est aussi possible de soumissionner des projets en collaboration avec des entreprises locales, mais ce type d’association nécessiterait une stratégie planifiée avec soin et de bons partenaires iraniens.
  • Hydrocarbures et mines : Ce n’est pas un secret, le secteur iranien des hydrocarbures et ses industries connexes constituent une sorte de Graal pour les multinationales. Outre ses importantes réserves de pétrole et de gaz, l’Iran dispose d’abondantes ressources minérales. Le secteur minier iranien a besoin de financement et d’équipement de pointe, et le gouvernement s’est donné pour mission d’y attirer les investissements. Le savoir-faire canadien dans les secteurs des hydrocarbures et des mines intéressera certainement les Iraniens.
  • Produits pharmaceutiques : L’assouplissement des sanctions entraînera sans doute une recrudescence des importations, qui devraient atteindre 1,16 milliard de dollars américains en 2019. L’Iran est appelé à devenir le quatrième marché pharmaceutique en importance de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord d’ici 2024. Son potentiel réside dans l’effervescence de ses marchés, son infrastructure pharmaceutique, sa main-d’œuvre qualifiée, son environnement concurrentiel et sa situation géographique, qui en fait une plaque tournante commerciale par excellence.


 

Que devriez-vous savoir avant de faire votre entrée sur le marché iranien?

Sanctions

Le régime de sanctions du Canada a été modifié le 5 février 2016, mais certaines restrictions sont toujours en vigueur :

1. Il est interdit d’exporter en Iran :

  • des technologies et des produits liés à l’enrichissement ou à la transformation de l’uranium;
  • des armes nucléaires et des technologies de missiles;
  • des armes militaires;
  • des produits sensibles figurant sur la Liste des marchandises d’exportation contrôlée (LMEC).

2. Il est également interdit de faire affaire avec certaines personnes ou entités désignées en Iran.

Contexte politique

Le rôle prépondérant de l’État dans l’économie iranienne donne lieu à une réglementation complexe, où la protection des consommateurs et des employés l’emporte souvent sur la conduite efficace des affaires. Qui plus est, de puissants acteurs gouvernementaux, quasi gouvernementaux et non étatiques ayant des intérêts importants influencent certains secteurs économiques.

Gare à ces mythes

« Les sanctions asphyxient l’Iran. »
Les sanctions ont ralenti certains projets, mais l’économie iranienne a fait montre d’une grande résilience au fil des ans. La levée des sanctions a révélé un potentiel latent que l’Asie et l’Europe n’ont pas tardé à exploiter.

« Le manque de connaissances des Iraniens nuit à la communication. »
En Iran, le taux d’alphabétisation est de 98 %[3], l’anglais est largement enseigné dans les écoles et un nombre élevé de PDG sont titulaires d’un doctorat.

« Les Iraniennes sont absentes de l’économie. »
En Iran, les femmes représentent 60 % de la population étudiante des universités[4]. Selon l’UNESCO, l’Iran a l’une des plus grandes cohortes d’étudiantes en génie et en sciences au monde. Même si, en 2017, les femmes ne représentaient que 19 % de la main-d’œuvre[5], il ne fait aucun doute que leur rôle dans l’économie est sur le point de changer.

« L’Iran est une destination dangereuse. »
Il y a certes des risques, mais si vous recourez à des guides de voyage fiables, avez un visa valide et respectez les règles (comme partout ailleurs!), c’est un pays relativement sécuritaire. L’Iran attire des milliers de touristes occidentaux tous les ans.

De précieux conseils du CCIC

L’établissement de liens étroits avec des entreprises et des personnes influentes du milieu des affaires iranien est un atout indéniable; choisissez vos alliés avec soin. Le Conseil du commerce Iran – Canada (CCIC) peut vous aider dans vos démarches.

Il est important de vous assurer que vos activités commerciales ne vont pas à l’encontre des règles ou des sanctions locales ou internationales. De plus, vos contrats doivent contenir des dispositions traitant des risques que pourrait entraîner tout changement au contexte juridique et politique iranien à court ou à long terme. Mieux vaut demander l’avis d’un expert.

Avant de vous lancer dans la commercialisation de vos produits ou services, demandez à un expert s’il existe un marché pour ceux-ci; certains marchés peuvent être saturés ou difficiles à percer.

Les opérations financières en Iran demeurent complexes; ayez une stratégie pour faire vos paiements et vous assurer d’être payé. 

Prêt à exporter en Iran?
>> Vous pouvez communiquer avec le Conseil du commerce Iran – Canada pour obtenir de l’aide ou en savoir plus :
info@icbc-ccic.ca
icbc-ccic.ca