la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Carburant aéroportuaire : pour un approvisionnement prévisible, stable et sécuritaire

Port Contrecoeur

Alors que la métropole vit un bel élan économique, le projet de terminal de carburant aéroportuaire de la CIAM est stratégique pour l’aéroport Montréal-Trudeau. La Chambre s’est prononcée en sa faveur devant la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement le 27 février dernier.

Après des décennies de stagnation économique, marquées par un PIB inférieur à celui des autres métropoles nord-américaines, Montréal a retrouvé le chemin de la croissance. Cela s’observe par un taux de chômage bas, la mise en chantier de projets structurants, des occasions d’affaires à l’international et une importante hausse du tourisme. Bref, la métropole connaît une vitalité économique renouvelée.

Pour appuyer ce retour à la croissance, il est important de réinvestir dans nos actifs stratégiques. Avec une activité à la hausse depuis 4 ans – 146 destinations nationales et internationales à l’heure actuelle, soit 16 de plus qu’en 2014 –, l’aéroport Montréal-Trudeau doit compter sur des installations à la hauteur de ses besoins et de ses ambitions.

Un projet qui répond à des besoins bien réels

Le projet de terminal de carburant aéroportuaire, un investissement privé de 150 millions de dollars de la Corporation internationale d’avitaillement de Montréal (CIAM), permettra de renforcer l’efficacité et la prévisibilité des opérations de ravitaillement de Montréal-Trudeau.

À l’heure actuelle, le carburant aéroportuaire qui arrive au Québec transite d’abord par le port pétrolier de Québec pour être ensuite acheminé vers la métropole par camion et par train. Avec ce projet de terminal dans Montréal-Est, le carburant se rendra directement dans la métropole par bateau, sera stocké dans l’est de la ville, puis acheminé à l’aéroport par pipeline. La CIAM pourra ainsi gérer de façon plus flexible ses approvisionnements en haussant sa capacité de stockage à 160 millions de litres. On prévoit également une réduction des émissions de GES de 15 % en raison de la diminution du transport du carburant par camion et par train.

Le projet permettra également de revaloriser des terrains et des installations portuaires inutilisés du port qui sont destinés à cette vocation ainsi que de créer des emplois.

Une expertise solide au Canada

Le projet de la CIAM sera piloté par le Groupe FSM, un gestionnaire d’opérations d’avitaillement, qui gère un volume de 6 milliards de litres par an dans les principaux aéroports du Canada, d’un océan à l’autre.

D’ailleurs, le projet de terminal pétrolier de carburant aéroportuaire s’apparente à celui de Vancouver, qui est financé par la Vancouver Airport Fuel Facilities Corporation. Le terminal est en cours de construction après avoir été approuvé par les instances locales, notamment le Bureau d’évaluation environnementale de la Colombie-Britannique.

Des préoccupations légitimes

Il est normal qu’un projet d’entreposage de carburant suscite des préoccupations et celles-ci sont légitimes. Il est toutefois important de souligner l’approche collaborative et transparente de la CIAM depuis le lancement de ce projet. Un projet réalisé selon les meilleures pratiques en matière d’ingénierie et de sécurité devrait bénéficier d’un préjugé favorable.

Nous reconnaissons la nécessité de nous fixer des objectifs collectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Toutefois, il est impératif de reconnaître que la transition énergétique en cours n’éliminera pas la nécessité d’utiliser des carburants issus de la transformation du pétrole pour de nombreuses années encore, en particulier dans le domaine de l’aviation. L’avion électrique ou solaire capable de déplacer des centaines de passagers n’est malheureusement pas à l’horizon pour de nombreuses décennies.

La région métropolitaine de Montréal, en tant que moteur économique du Québec, dispose de nombreux atouts lui permettant de jouer un rôle de premier plan dans le secteur énergétique. Pour ce faire, des projets tels que celui-ci doivent se concrétiser. La Chambre recommande donc au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement de plaider en faveur du projet de terminal de carburant aéroportuaire à Montréal-Est auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.