la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Se mettre dans la peau de son client pour mieux répondre à ses besoins

La quatrième édition d’InnoBahn Ubisoft s’est tenue en juin dernier, dans le cadre du Congrès Métropolis, qui rassemblait les gouvernements de grandes agglomérations urbaines du monde entier. À cette occasion, la Ville de Montréal a lancé un défi de taille aux start-ups finalistes : comment renforcer la capacité des métropoles à répondre aux situations de crise majeure? Wemap fut l’heureuse gagnante de cet événement. Emmanuel Mouren, cofondateur de l’entreprise, nous explique comme son équipe a conçu la solution qui a conquis la Ville et ce que Wemap, nouvellement implantée sur le sol montréalais, a retiré d’une telle expérience.

Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) – Présentez-nous Wemap.

Emmanuel Mouren (E.M.) – Wemap est une plateforme de cartes intelligentes dont le but est de permettre au grand public de s’informer sur ce qui se passe à proximité. Cette solution est conçue pour le secteur public, la presse et le tourisme.

Notre start-up est née il y a trois ans et nous avons fait le pari d’ouvrir, dès le début, des bureaux sur deux continents, en Europe (France) et en Amérique du Nord (États-Unis), malgré les défis organisationnels et logistiques que cela pouvait représenter. Récemment, nous avons ouvert un troisième bureau à Westmount, dans le Grand Montréal. Notre équipe compte, en tout, onze employés et nous travaillons avec plus de 40 clients.

CCMM – Pour une start-up récemment implantée à Montréal, quelle opportunité représentait votre participation à un événement rassemblant la communauté d’affaires, tel qu’InnoBahn Ubisoft?

E.M. – C’était une occasion prestigieuse d’aller à la rencontre de l’écosystème montréalais d’affaires, d’échanger avec des confrères qui partagent les mêmes réalités et de nous présenter à la Ville de Montréal. Les contacts noués lors de la séance de réseautage ont été fructueux; de nombreuses idées sont ressorties de cette expérience (idées que nous n’avons pas encore eu le temps de toutes exploiter!).

CCMM – Qu’est-ce qui vous intéressait dans le défi de la Ville de Montréal?

E.M. – D’une part, l’approche de la Ville d’ouvrir un sujet aussi lourd d’enjeux à des start-ups. Face à cette thématique de la gestion de crise, il est impératif de suivre, dès le commencement, une logique de fiabilité et de robustesse du système. On est loin de la méthode « agile » et ses essais-erreurs auxquels les jeunes entreprises sont habituées pour valider leur produit auprès du client. Cela en faisait un défi d’autant plus attirant.

D’autre part, la nature de nos services nous a laissés penser que nous pouvions ajouter notre pierre à l’édifice, non dans la gestion des secours, mais plutôt dans le dispositif de communication.

CCMM – Pouvez-vous nous résumer la solution que vous avez proposée?

E.M. – Lors d’une gestion de crise, il y a un devoir d’information. Il faut déployer rapidement des renseignements de qualité, sur un territoire délimité. Cette communication contribue à réduire les impacts de cette situation exceptionnelle. La question est : comment acheminer l’information au grand public? Trois facteurs clés entraient dans notre solution :

1. La mise en place : en situation de crise, les informations sont éparses et disparates. Pourtant, il faut réagir vite. Notre outil permet de créer en quelques instants des cartes qui rassemblent toutes les informations utiles, et d’assurer leur actualisation en temps réel.

2. La diffusion de ces « cartes de crise ». Nous avons opté pour un mode multicanal. Nous ne souhaitions pas que les gens aient à télécharger une application, mais plutôt que la Ville ait, sur son site, une page dédiée à la crise. Nous voulions qu’elle puisse également diffuser ces cartes très facilement, à travers, par exemple, les panneaux de la métropole, et que les médias puissent les reprendre en un instant. L’idée est que les renseignements parviennent aux gens selon leurs modes de communication habituels.

3. L’ergonomie des cartes. L’utilisateur doit tout de suite en comprendre le fonctionnement afin d’agir rapidement, selon les circonstances. Nous avons aussi pensé à intégrer des services pratiques tels que la fonction d’itinéraire, de partage, de moteur de recherche pour préciser telle ou telle donnée...

La collectivité peut se doter de cet outil en tout temps. En cas de crise, elle n’a plus qu’à télécharger les contenus et à les mettre en ligne.

CCMM – Votre solution prête, quelles ont été les étapes de préparation de votre pitch?

E.M. – D’abord, nous avons mis sur pied un premier pitch, en interne, afin de passer à travers le processus de sélection. Le fait que le défi soit aussi ciblé nous a permis d’être plus précis dans notre présentation. Nous nous sommes mis, minute par minute, dans la peau d’un chef incident. Ce détachement par rapport à notre rôle de concepteur est primordial pour bien comprendre la demande du client. Il faut savoir ne pas être trop amoureux de son produit et se mettre à la place de l’autre.

Dans un second temps, nous avons été accompagnés par les experts d’Hyperliens conseils dans le cadre de la finale. Cette précieuse aide nous a permis d’affiner notre réponse et notre axe de présentation. Nous avons même fait une répétition générale qui m’a été fort utile!

CCMM – Que retirez-vous de votre participation à cet événement?

E.M. – C’est une expérience pleine de promesses pour aller à la rencontre de partenaires potentiels sur le territoire montréalais.

CCMM – Quels sont vos projets à venir?

E.M. – Wemap se développe dans le secteur du voyage et du tourisme. À ce titre, je suis fier de vous annoncer que le transporteur aérien français, Air France, vient de lancer ses guides de voyage en utilisant notre application.

Notre second projet, à court et moyen termes, est d’assurer notre présence au Canada. Nous souhaitons voir dans quelle mesure nous pouvons apporter quelque chose à l’écosystème montréalais, tant dans le secteur public que dans celui des médias et du tourisme.