la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Budget fédéral : des demandes concrètes de la communauté d’affaires

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain a récemment soumis ses recommandations prébudgétaires au gouvernement fédéral. Face à l’incertitude qui pèse sur notre économie, la Chambre considère qu’au lieu d’adopter une attitude attentiste, le gouvernement doit être proactif.

Dans son mémoire, la Chambre suggère cinq axes pour dynamiser l’économie canadienne :

  • soutenir l’investissement privé et l’innovation
  • encourager l’internationalisation des entreprises
  • accélérer la réalisation d’investissements stratégiques en infrastructures
  • améliorer la compétitivité du régime fiscal canadien
  • établir et respecter un plan de retour à l’équilibre budgétaire

Voici quatre des principales idées proposées par la Chambre :

 Élaborer une stratégie fédérale de l’aéronautique

Pour réussir dans l’économie du 21e siècle, le Canada doit se tourner vers les secteurs à haute valeur ajoutée. Celui de l’aéronautique fait assurément partie de ce lot. Alors que nous nous inquiétons régulièrement du manque d’innovation dans l’économie canadienne, le secteur aéronautique est responsable à lui seul de 70 % des dépenses en recherche et développement au pays. 

Toutefois, la concurrence est féroce. Évoluant dans un marché mondial – 80 % de la production aérospatiale du Québec est exportée –, le secteur aéronautique a besoin du soutien du gouvernement du Canada à titre de partenaire investisseur. Pour assurer un avenir prospère à ce secteur stratégique, le gouvernement doit donc s’engager dans une véritable politique nationale de l’aéronautique.

Faire de Montréal le siège de la Banque de l’infrastructure du Canada

La Banque de l’infrastructure du Canada, annoncée récemment par le gouvernement du Canada, sera un levier important pour le financement et la construction de nouvelles infrastructures qui contribueront à la productivité et à la compétitivité de l’économie canadienne.

Alors que le gouvernement semble rencontrer des difficultés à matérialiser ses dépenses prévues en infrastructures, il est essentiel que la Banque soit établie dans l’environnement le plus propice à sa réussite. Capitale universitaire du Canada, hôte des deux plus grandes firmes de génie au pays et siège de plusieurs grandes entreprises impliquées dans les grands projets d'infrastructure, Montréal a tous les atouts pour réaliser une mise en fonction rapide de la Banque.

Ouvrir notre économie à de nouveaux marchés

La plupart du temps, les processus d'innovation et d’internationalisation vont de pair chez les entreprises. Malgré un contexte mondial d’incertitude en matière de libre-échange, le gouvernement doit donc faire de l’internationalisation de nos entreprises une priorité.

Premièrement, il doit s’assurer que des outils adéquats sont en place pour permettre à nos entreprises de percer de nouveaux marchés. Pour ce faire, le gouvernement doit doubler les sommes prévues à CanExport, continuer à travailler en étroite collaboration avec les World Trade Centers du Canada et prévoir immédiatement des sommes pour la création d’outils qui faciliteront l’accès aux marchés européens pour nos entreprises locales.

Deuxièmement, sans abandonner ses efforts pour protéger l’ALENA, le gouvernement du Canada doit être proactif dans sa recherche de nouveaux partenaires économiques. Il doit entamer le plus rapidement possible des efforts de négociation pour conclure une entente de libre-échange entre le Canada et le Royaume-Uni et allouer des sommes pour réactiver les négociations avec nos partenaires du Partenariat transpacifique.

Assurer la compétitivité de notre régime fiscal

Des coûts d’exploitation parmi les plus faibles en Amérique du Nord et une fiscalité avantageuse font de Montréal une destination de choix pour investir. Il faut toutefois faire preuve de lucidité : la hausse du taux marginal d’imposition maximal rend difficile l’attraction de talents étrangers. De plus, la promesse de la nouvelle administration américaine de baisser drastiquement l’impôt sur les entreprises n’est pas de nature à nous rassurer.

Face à ces défis, le gouvernement du Canada doit prendre les mesures nécessaires pour préserver la compétitivité fiscale du Canada. D’abord, il doit réduire le taux d’imposition des PME de 11 à 9 %, comme il l’a promis en campagne électorale. Ensuite, il doit abaisser le taux d’imposition marginal maximal sous le seuil psychologique des 50 %. Finalement, il doit lancer le plus vite possible un chantier sur l’encadrement fiscal de l’économie numérique, de manière à enrayer les distorsions qui existent actuellement et qui tendent à favoriser certains types de commerce au détriment d’autres.

Conclusion

Le Canada ne doit pas se laisser paralyser par l’incertitude qui règne sur l’économie mondiale. Au contraire, il doit prendre le taureau par les cornes et mettre en place les mesures nécessaires pour construire une économie ouverte, dynamique et concurrentielle.

L’ensemble des recommandations prébudgétaires de la Chambre peut être consulté en cliquant sur le lien suivant :

http://www.ccmm.ca/~/media/files/news/2017/ccmm_recommandations_federales_prebudgetaires_2017.pdf